Comment s’occuper des abeilles au mois d’Août ?

Je débute en apiculture et j’ai besoin d’un cadre pour me dire quoi faire,surtout dans l’intérêt des abeilles. Internet est une source intarissable d’informations toutes mélangées, contradictoires et surprenantes. Les livres sur l’apiculture pour débutant sont nombreux et les avis des apiculteurs professionnels sont divergeant. J’ai pris mon courage à  deux mains et j’ai quand même décidé de me lancer. Afin de vous épargnez cette lecture qui est certes intéressantes mais qui peut prendre du temps, j’ai décidé de vous livrer mois par mois quoi faire au rucher ! Un seule maitre mot, respect de l’abeille !

Bonne année …. APICOLE !

Le 1er Août. marque le début de l’année apicole et avec ça la préparation de l’hivernage. La visite de votre ruche mi juillet a dû vous donner une bonne estimation de la santé de votre colonie. Si les réserves de miel sont maigres, voici ce qu’il faut garder en tête.

Un seul objectif , passer l’hiver !

Passer l’hiver ça veut dire quoi ? Ca veut dire “maintenir les abeilles en vie pendant l’hiver “. Et pourquoi ? Car les températures basses sont l’ennemi n°1 des abeilles. A 6 °c, une abeille seule n’a que quelques minutes à vivre.

Abeilles en hiver

 

L’union fait la force

Elles ne peuvent donc survivre qu’ensemble en formant à l’intérieur de la ruche, une grappe d’abeilles. Plus elles sont nombreuses, plus leur chance de survie est élevée. Sur une petite population d’abeille comme la mienne ( essaim de mai ou juin), le nourrissement de stimulation est indispensable en cette période. Le sirop de stimulation n’est pas stocké par les abeilles, il permet par contre de mieux nourrir les nourrices, qui  produisent plus de gelée royale, qui nourrissent mieux la reine qui pond mieux donc plus. Le mois d’Août va marquer l’apparition des premières abeilles d’hiver, c’est donc un moment clé pour stimuler la ponte.

Grappe d'abeilles

STOP ! arrêt sur image—-c’est quoi la différence entre une abeille d’hiver est une abeille d’été ? Une abeille d’été vit entre 20 et 50 jours et passe de rôles de cirières à butineuses en passant par magasinière, l’abeille d’hier elle vit entre trois et quatre mois et n’a sensiblement pas d’autres fonctions que de maintenir une température clémente pendant les longs mois d’hiver —-

 

Reprenons , (et bravo la plupart des lecteurs ne sont pas arrivés jusque là Smile ). Donc je disais, en stimulant la ponte vous allez assurer un nombre de naissance d’abeille d’hiver conséquent.

Mais comment stimuler la ponte des abeilles d’hiver ?

Rien n’est plus simple ! Sucre eau et vinaigre de cidre ! Le sirop de stimulation est à 50/50, c’est à dire 500g de sucre pour 500ml d’eau, une cuillère à soupe de vinaigre de cidre (pour une action fongicide)  et c’est parti. Je pars sur une stimulation mesurée de 200ml tous les deux jours, pendant une vingtaine de jours.

Est ce suffisant ? Non, elles ont encore besoin de nous, surtout si vous êtes comme moi et que les réserves sont faibles voir quasi inexistantes.

Toujours plus de miel

Nous venons de voir que le sirop de stimulation est directement digéré par les abeilles et ne peut alors en aucun cas être transformé en miel pour être stocké. La stimulation est bonne pour produire plus d’abeille et faciliter le maintien de la chaleur pendant l’hiver mais il faut des réserves de nourriture donc de miel. Le sirop 50/50 stimule, le 75/25 nourrit ! La transformation de sirop en miel est épuisante, l’idée de faire faire ce travail par les abeilles d’été en fin de vie, plutôt que d’user les abeilles d’hiver en train de naitre est très judicieuse (comme le fait remarquer R. Hummel & M. Feltin – 2014 dans l’année apicole de
l’apiculteur débutant ).

Miel

Les premières abeilles d’hiver naissant mi août, il est donc très utile de démarrer le nourrissement lourd maintenant. Je pars donc sur un nourrissement lourd en 75/25 (750g de sucre 250ml d’eau), tous les 5 jours, du 15 aout jusqu’à début octobre. Je vous tiendrai au courant de l’évolution des réserves au fur et à mesure pour voir si c’est probant.

Calendrier de nourrissement Aoutien

A titre indicatif, voici ce que ça donne couché à plat sur un calendrier. Evidemment, il ne s’agit pas de suivre au jour près, mais cela donne une idée, surtout si vous partez en vacances et que vous confiez cette tâche à Cédric le voisin !

calendrier aout

Traitement anti varroa ?

Les ouvrages parlent beaucoup de faire du traitement anti varroa à cette période, je n’ai pas assez de recul dans la pratique de l’apiculture pour vous donner un point de vue critique et expérimenté. Cependant, et toujours avec la volonté de déranger le moins possible l’abeille, je prône l’absence de traitement systématique. Par acquis de conscience, j’ai quand même procéder à un comptage. Présence varroa , aucune ! Donc aucune utilité de traitement !

Voilà, c’est tout pour le mois d’Aout. N’hésitez pas pour apporter tous les compléments que vous jugez nécessaires. A vos lèves cadres Smile

 

Mise à jour du défi, vers une récolte de miel plus naturelle

La ruée vers le miel

Il y a de ça 3 semaines, je vous ai parlé d’un défi que je me lançais à moi même de produire du miel en 100 jours en partant de zéro. Pour le bien être des abeilles, j’ai décidé de mettre à jour mon objectif, allez suivez moi je vais vous expliquer !

Le 12 Juillet dernier, accompagnée par Cédric, mon cher voisin désireux de découvrir le monde de l’apiculture, j’ouvre ma ruche quand je constate avec stupeur que mes abeilles ont dévoré le miel qu’elles avaient pourtant stocké en masse lors de ma dernière visite quelques jours plutôt . En plus de ça les abeilles sont agressives et leur attitude me questionne.

Miel

La divergence des informations sur internet

Mais que s’est –il passé ? Si comme moi vous débutez, vous ne comptez pas les heures passées sur les forums, les groupes de discussion Facebook, les livres pour essayer de comprendre ce qu’il peut se passer à l’intérieur de votre chère petite ruche. Et comme moi vous constatez que les informations se mélangent, que certaines n’ont pas de sens et même qu’elles se contredisent. Je n’y comprends rien, absolument rien ! Je n’ai pas dit mon dernier mot ! Je décide d’appeler mes amis apiculteurs chevronnés, eux même ont des visions différentes ! Je ne sais plus où donner de la tête.

Complétement perdue, je me pose à proximité de la ruche et je décide de mettre à profit ce que j’ai écrit dans mon article l’apiculture comme remède anti stress. Alors hypnotisée par les allers et venues de mes chères protégées, je comprends qu’elles sont organisées avec une subtilité qui me dépasse. Et surtout que toute la colonie est soumise aux aléas de la nature.

Vers une apiculture plus naturelle

Mais oui mais c’est bien sûr Julie !

Rappelle toi pourquoi tu t’es mis à l’apiculture, pour renouer avec la nature ! Cela t’impose de vivre à son rythme donc minute papillon ! Regarde les, et prends le temps de les comprendre.

A quoi sert le miel ? A régaler mes papilles , à faire des produits cosmétiques, à adoucir ma gorge mais aussi et surtout à nourrir les abeilles ! Les abeilles produisent le miel avant tout pour vivre pendant les saisons douces et survivre pendant la période hivernale. Si la quantité de miel n’est pas suffisante elles mourront de faim pendant l’hiver !

Ni une ni deux, me voilà reparti sur internet ( oui je sais mais c’est tellement facile !), mais cette fois avec une vision tout autre de mon défi. Mon vœux le plus profond est de participer à la sauvegarde  des abeilles et non pas de faire du miel. J’étais impressionnée par les grands apiculteurs, qui parle en kilos de miel produit par ruche récoltée au mois de juillet, et je reliais ça à la bonne santé des abeilles, quelle erreur ! Les abeilles ont ça de fascinant, elles produisent du miel bien plus que nécessaire, ce qui nous permet d’en percevoir les délices. Cependant, pourquoi récolter le  miel en été , et pas au printemps une fois l’hiver passé, pour être sûr que ces dames ont eu assez à manger ?

La ruche kenyane

C’est l’idée soutenue par le site ruche naturelle qui prône une apiculture respectueuse des abeilles et qui me correspond beaucoup mieux.

Donc fini la course au kilo de miel et bonjour la récolte au printemps, fini la ruche “dadant” classique et bonjour la TBH ou ruche kenyane que je vais construire pendant l’hiver. La ruche kenyane permet aux abeilles de se développer plus naturellement et permet une récolte du miel au printemps, ça me va bien. Je vais étudier tout ça et je vous en dirais plus très bientôt.

Ruche kenyaneRuche TBH ou ruche kenyane ouverte pour les besoins de la formation

Le choix difficile de la survie

Mais pour l’instant l’urgence est autre , mes abeilles n’ont pas assez à manger pour elles mêmes, alors soit je laisse faire soit je leur donne un petit coup de main. C’est un choix difficile, je sais qu’en laissant faire la nature, les provisions de ma ruche ne permettront pas à ma colonie de passer l’hiver. J’ai la possibilité de les nourrir, c’est à dire de leur donner de l’eau sucrée pour qu’elles vont transformer en miel. Mais je me dis que les nourrir va à l’encontre de l’idée que je défends. Je ne peux pas m’enlever de la tête que les aider de la sorte participe aussi à affaiblir l’espèce. Quel choix cornélien….

Un nourrissement assumé

Mais je ne peux pas me résoudre à les voir mourir, je passe donc à un nourrissement 70/30 dit nourrissement  de stimulation tous les 5 jours sur la fin du mois de Juillet. Puis nourrissement 50/50 200ml tous les deux jours sur le mois d’Août. J’ai fait une combinaison entre ce que j’ai trouvé sur internet et comment je le sens, on verra bien. De toute façon je commence bien à comprendre que l’apiculture est un délicieux mélange de connaissance et de “feeling”.

NourrissementNourrissement de la ruche avec eau + sucre 70/30 sur une ruche Dadant, nourrisseur rond

Un nouveau défi en perspective

Mon défi se transforme donc de “100 jours pour faire du miel en partant de zéro” en “365 jours pour faire du miel en respectant les abeilles. Va falloir que je me mette au bricolage de ma ruche kenyane et que j’apprenne encore et encore, les abeilles sont loin de m’avoir livré tout leurs secrets.

Et vous qu’auriez vous fait ? Laissez mourir la colonie ? Ou peut être aviez vous une meilleure idée ? Faites moi partager vos questionnements ou peut être vos astuces ?

De l’érotisme à la barbarie, la face cachée des abeilles…

J-10

En cette belle matinée de printemps, je me réveille tout doucement, la douceur de la nuit dernière m’a permis de me reposer un peu. Mon corps encore engourdit reprend rapidement vie, mes ailes s’ouvrent, je me remets au travail. L’ambiance est particulière ce matin. Mes sœurs et moi nous nous sentons à l’étroit, la place manque, on se bouscule. Je me dirige timidement vers l’entrée. Un rayon de lumière me parvient. J’aperçois la danse des butineuses qui me rassure, indice que les fleurs nous crient silencieusement leur amour. Mes sœurs dansent, subtilement. Ce matin, leur élégance m’étonne.

J-8

Toujours affairée à m’occuper de ma reine, je la nettoie, je la protège, la réchauffe et la nourrit. Ma reine est mon tout. Mes sœurs sont mon tout, ma vie, ma colonie. Pourtant aujourd’hui j’ai décidé d’affamer ma reine. J’arrête la production de gelée royale, ma reine en souffre, je le sais mais je le fais. Ma reine pleure de faim, je le sais, mais je le fais. Trois cellules royales sont déjà en construction. Il est temps.

J-3

Ma reine, ma douce reine a perdu de sa splendeur, elle ressemble désormais à mes sœurs, son ventre fécond s’est réduit. Elle est prête, il est temps.

Jour J

Le signal est donné, l’heure est proche. Un tiers de mes sœurs se gavent de miel, elles emmagasinent une énergie folle pour l’aventure qui les attend. Leur chance de réussite est tellement faible, mais elles se préparent avec une énergie et une vigueur incomparable. Les éclaireuses vont et viennent. Il est difficile de comprendre ce qu’elles se disent, elle se touchent puis repartent. Leurs échanges sont brefs. Les conversations sont animées, elles ne sont pas toutes d’accord, mais le temps presse.

H-30

Je m’affole, sans trop savoir pourquoi. Je cherche ma reine. Il fait chaud, vraiment chaud, la température est inhabituelle. J’aperçois ma reine, je l’agrippe fort. Moi qui de coutume prenais soin d’elle, je la violente, la bouscule. Je la tire de force vers la sortie et la laisse entre les ailes de mes sœurs. Je ne la reconnais plus. Le vrombissement de ma colonie se fait plus fort, plus puissant. Mes sœurs forment désormais une grappe autour de cette reine déchue que fut ma mère. Des bips incessants les animent.

H-10

Patiemment mais efficacement, les éclaireuses se calment, comme animées par une force qui les dépassent elles se sont mises d’accord. La colonie se tait. Plus personne ne bouge. Le temps se fige, plus rien ne se passe.

Heure H

La température est glaciale toute à coup! Après quelques minutes d’un silence étourdissant, un bruit sourd se fait entendre, une explosion ! Dans le ciel, le vol de mes anciennes sœurs se veut majestueux. Elles sont partout, elles volent dans tous les sens. Après quelques secondes, elles se regroupent autour de la reine qui désormais n’est plus mienne. Je ne les vois déjà plus. Je suis orpheline.

EssaimageImage tirée du livre le génie des abeilles par Eric Tourneret Sylla de Saint pierre et Jürgen Tautz

Je suis à l’étroit ici, il fait noir.  Il y a eu beaucoup d’agitation ces derniers temps. Mais depuis quelques minutes plus un bruit. Il faut que je me dégage. Une explosion résonne, il faut que je sorte de là ! Mon berceau est trop petit.

J’enlève peu à peu l’opercule de ma cellule, j’en gratte les couches successives. Mon nid était si doux, le lait apporté par mes sœurs si précieux. Mais je suis une princesse maintenant, je me hisse hors de mon nid et je me mets à hurler de toutes mes forces. Ce cri strident fige la colonie, c’est un message d’avertissement. Mes autres sœurs vierges me répondent du fond de leur berceau royal, la note émise est plus grave, elles ont reçu le message, elles doivent abdiquer. Plus personne ne bouge dans ma ruche. Une horde de sœurs s’empresse à l’entrée de chaque cellule royale pour en bloquer la sortie.

Je m’avance vers chacune d’entre elles, j’entends les autres princesse crier de peur. Sans aucun remord, mes mandibules percent leurs cellules et j’enfonce mon dard pour leur transpercer le cœur avant même qu’elles puissent voir la lumière du jour. Leurs vies prend fin avant même leur  naissance.

Quelques jours se sont passés, une dizaine d’abeilles dévouées m’entourent, me nettoient et me nourrissent. Mais mon devoir est grand. Je dois me remplir !

Il y a un peu de vent, la température est bonne et le soleil caresse mes ailes. Je m’envole vers ma destinée, animé d’un désir ardent. Je diffuse alors un parfum d’amour, un subtil cocktail de phéromones irrésistible. Mon vol nuptial a commencé. Volant à contre courant, un faux bourdon se dirige vers moi. J’ouvre mon abdomen. Il me percute violemment. Son endophallus pénètre ma chambre , 11 millions de spermatozoïdes me remplissent. Cette éjaculation explosive lui est fatal. Ces organes reproducteurs alors comprimés et dans une douleur atroce, il se détache et chute de plusieurs mètres vers une mort quasi instantanée. Je remporte ainsi le combat contre une dizaine de mâles conduit au suicide par la luxure (1) .

Vol nuptial de la reine des abeilles Image tirée du livre le génie des abeilles par Eric Tourneret Sylla de Saint pierre et Jürgen Tautz

Je suis mère maintenant, je rentre à la maison victorieuse, acclamée comme une reine par mes sœurs. Je n’ai plus qu’un seul but , pondre pour assurer la vie. Je déposerai des œufs sans relâche dans chacune des cellules libres créées par mes sœurs.

Les jours et les mois défilent, la vie fait vibrer la colonie d’une puissance incroyable. Nous sommes fortes et les températures de l’hiver ne sont qu’un lointain souvenir.  En cette belle matinée de printemps, j’observe une de mes abeilles. Elle se réveille tout doucement, la douceur de la nuit dernière lui a permis de se reposer un peu. Son corps encore engourdit reprend rapidement vie, ses ailes s’ouvrent, elle se remet au travail. L’ambiance est particulière ce matin….

 

Sources  : (1) Le Génie des abeilles par Eric Tourneret Sylla de Saint pierre et Jürgen Tautz

Comment savoir que vous êtes prêt à mettre une ruche chez vous ?

La pire erreur à faire est de constamment avoir peur de faire une erreur

Albert Hubbard

Si vous hésitez pour mettre une ruche chez vous, vous êtes sur la bonne voie. Il vous faut encore du temps pour trouver les réponses aux questions qui vous bloquent. En voici certaines, n’hésitez pas à m’en poser d’autres si nécessaire.

Ai-je le droit d’avoir une ruche ?

OUI tout le monde, absolument tout le monde à le droit de posséder une ruche chez soi. Une ruche est considérée comme un animal domestique. De même que c’est à vous d’assurer que votre chien ne morde pas le voisin, à vous de prendre les précautions nécessaires pour qu’aucun heurt ne lui soit fait par les abeilles. Lisez mon article pour trouver l’emplacement idéale et go c’est parti ! https://je-fabrique-mon-miel.com/les-6-questions-a-se-poser-pour-trouver-l-emplacement-ideal-de-ma-ruche/.

Faut il une qualification nécessaire ?

NON. Vous pouvez vous lancer sans aucune connaissance. Si cela vous effraie trop de plonger dans l’inconnu comme c’était mon cas, sachez qu’il existe des formations dans des ruchers écoles à faire sur un an, ou des formations intensives sur 3 jours comme celle que j’ai faite. A vous de voir ce qui vous convient. L’apiculture offre cette possibilité, apprendre en exerçant à son rythme (ou plutôt au rythme de l’abeille).

Ai-je le budget nécessaire ?

Il est possible de faire de l’apiculture en n’ engageant quasiment aucun frais. Tout est une question de temps, vous pouvez fabriquer vos propres ruches, votre propre matériel pour monter les cadres, la plupart des apiculteurs amateurs deviennent par force bricoleur. Il est vrai qu’en achetant le matériel en magasin spécialisé, la facture monte vite, compter 300euros pour le nécessaire au débutant.

Vais-je avoir le temps de m’en occuper?

Plus vous laissez tranquille les abeilles, mieux elles se portent. Compter une visite tous les 10 jours entre mars et août, puis une visite par mois en septembre octobre. En hiver, laissez les ruches fermées pour maintenir la température interne de la ruche. Une visite doit être efficace et rapide, pas plus de 20 min par ouverture de ruches.

Avec la préparation de chaque visite, le montage des cadres en hiver. Compter 30 jours par an et par ruche.

Faut il posséder une surface minimale pour voir une ruche?

Il est courant d’imaginer des ruches dans des grands champs à la campagne, mais aujourd’hui il y a des ruches sur les toits de Paris. Compter 5m² par ruche pour être à l’aise, donc pas besoin d’hectares. Sécurisez l’accès aux enfants et sautez le pas !

38666856752_9d916701d8_zRuches installées sur le toit de l’AgroParisTech à Paris (75) .Crédits : C. Legenne/IAU îdF

 

D’autres questions ?

Posez les moi en commentaire, je serai ravie de vous éclairer.

 

Apicalement,


					

L’apiculture comme remède anti stress.

Pourquoi j’ai choisi les abeilles et pourquoi vous devriez faire pareil , immédiatement.

Avez vous déjà ressenti que vous manquiez de temps pour absolument tout, que vous courriez après sans pouvoir reprendre votre souffle? Si vous avez lu un peu mes précédents articles, vous savez déjà que j’ai connu une grande période de stress ces derniers mois.

Je me suis mise à l’apiculture sans trop savoir pourquoi, ni comment d’ailleurs.  J’ai d’abord décidé de commencer cette aventure par soucis de bonté, c’est vrai quoi les abeilles c’est bien pour la nature non ? La pollinisation c’est important c’est sur ! Puis tout le monde en parle, ça doit être grave quand même. La discussion avec moi même aurait plus s’arrêter là. D’ailleurs, elle s’est arrêtée là, plus d’une fois.

Puis j’ai franchis le pas et ce fut une révélation, ça peut paraître une peu théâtrale, mais ce fut, réellement, une révélation. Me lancer dans l’apiculture ne m’a pas seulement permis d’avoir la sensation de faire quelque chose de bien. Les abeilles m’ont ouvert les yeux sur la nature. Je me suis mis à l’observer, à la comprendre et à la protéger encore plus qu’alors. J’ai ainsi ressenti de l’apaisement et du bien être. Au delà de l’aspect thérapeutique des produits de la ruche ( miel,  propolis, pollen, et même venin ), de la satisfaction de créer de mes propres mains et de me rendre utile, l’élevage d’une ruche m’a permis de réduire mon stress et mon anxiété.Une ruche dans mon jardin

Selon une étude menée par J Ethnobiol Ethnomed publié le 13 Juillet 2018 dans US National Library of Medicine (1) ,  62 % des apiculteurs interrogés ont exprimés de la joie, du plaisir, de l’amour et de la passion dans leur métier. Cette même étude rapporte que pour des apiculteurs traditionnels du Nord Vietnam, “l’observation et la manipulation des abeilles les rendent plus relaxés et plus heureux”. Il est aussi prouvé que passer du temps à regarder les abeilles décoller de la ruche puis revenir après avoir butiné apporte détente et apaisement.

Lawrence EA. dans “The sacred bee, the filthy pig, and the bat out of hell: animal symbolism as cognitive biophilia”, insistera sur l’aspect symbolique qui réside dans la relation entre les humains et les abeilles, comme la sagesse et la spiritualité. 

Avoir une ruche dans son jardin participe largement à la biodiversité, les propriétés des produits de la ruche sont médicalement reconnues, et il est scientifiquement prouvé que cela réduit votre stress au quotidien, alors ? pourquoi hésitez vous encore ?

 

(1)Do emotions influence the motivations and preferences of keepers of stingless bees?J Ethnobiol Ethnomed. 2018; 14: 47.Published online 2018 Jul 13 https://www.ncbi.nlm.nih.gov/pmc/articles/PMC6045889/

Comment devenir magicien en sauvant les abeilles ?

“Alohomora”, 19 Mai 2018, j’ouvre la porte du monde fascinant des abeilles! Lors de la formation en apiculture

Après une formation intensive de trois jours dans le Poudlard des apiculteurs à Fragues Saint Hilaire en Gironde, je prends conscience de l’impact positif que pourra avoir l’installation d’une ruche dans mon jardin.

Je vais pouvoir MOI faire une bonne action ! Participer à la sauvegarde des abeilles, je suis surexcitée !

 

A la manière d’Hermione, je me plonge dans les vieux grimoires. Bible de l'apiculteurJe suis studieuse, j’apprends vite et le 1er Juin la décision est prise, j’installe une ruche dans mon

jardin ! Le parcours est semé d’embûches, les moldus ont l’air de bénéficier d’un pouvoir absolu capable de décimer une espèce entière. Les abeilles sont en voie de disparition et je dois agir. Je compte bien éradiquer cette malédiction.

J’ai du affronter en un mois et demi, des ennemis plus redoutables les uns que les autres :

      1. Ma maladresse de débutant, et la crainte de faire une erreur à chaque ouverture de ruche. “Je serai même capable de tuer la reine avec ces foutues mains qui tremblent.”
  1. Les frelons asiatiques, vous auriez du me voir avec ma baguette magique (qui n’est autre qu’une veille raquette à mouche), en train de courir dans mon jardin après ce satané frelon en criant “sectumsempra”! Mon voisin ne m’a plus jamais regardé pareil après ce jour là !
  2. La peur de voir ma colonie être emportée par la vilain sorcier VARROA, lorsque j’ai constaté que mes abeilles sortaient des larves de la ruche encore fraîches pour les tuer, ou que je comptais des abeilles mortes devant la ruche.
  3. Ma peur constante de faire une bêtise et de mener ma colonie à sa propre perte.

 

J’ai alors voulu rendre mon costume d’Happiculteur, me rendant  à l’évidence, je n’étais pas faite pour ça. Seule dans mon jardin, j’ai longuement erré dans ces 836m², sans but, mon balai à la main.

C’est alors que j’ai levé les yeux, la lumière illumina mon visage et réchauffa mes pensées. Je voyais des fleurs, des fleurs partout dans mon jardin. Mon potager s’était paré de ces plus jolies couleurs, les légumes poussés à profusion.

Potager sublimé par les abeillesFleurs mellifères du jardin

Potager sublimé par les abeilles                                                   Fleurs mellifères du jardin

Mon jardin jusqu’alors si terne, s’était trouvé une sublime parure. Serait-ce les abeilles qui avaient accompli ce  tour de magie surprenant ? Peut être ? La différence avant / après est en tout cas bluffante !

Avant / après la pollinisation du jardin par les abeilles

Avant / après la pollinisation du jardin par les abeilles

Seule, au milieu de mon jardin, le cœur réchauffé par ses multiples couleurs, je me suis dis que je ne suis pas si mauvaise que çà.

Environnement fleurie IMG_8963

Qu’en moins de deux mois, je me suis transformée en magicienne de la nature, bien aidée par mes chères petites abeilles. Que malgré ma méconnaissance, ma maladresse, mon caractère inquiet, mes erreurs, mes faux pas, j’ai accompli un petit miracle dans mon jardin. Je ne peux alors m’empêcher de penser l’impact magique et puissant que pourrai avoir le développement de l’apiculture amateur, une ruche dans chaque jardin, est-ce si fou que ça ? La magie est en moi désormais, et je compte bien la transmettre.

Alors pourquoi pas vous ? Vous aussi devenez magicien, si j’ai pu le faire, nul doute que vous aussi. N’hésitez pas à me dire dans les commentaires si vous envisagez ou pas d’avoir une ruche chez vous. Et sinon, ce qui vous retient , sans jugement aucun, je serai ravie d’échanger avec vous Smile

Les 6 questions à se poser pour trouver l’emplacement idéal de ma ruche

“Direction sud – sud est…. L’entrée de la ruche doit être orientée sud sud-est, je pourrai peut être la mettre derrière le cabanon ! Ah mais non. Trop humide dans ce coin, elle passera pas l’hiver ! Et pourquoi pas devant l’olivier . Non plus, l’entrée de la ruche donnerait sur la terrasse, mieux vaut éviter.

Près du potager ? trop chaud, pas d’ombre. Derrière la maison ? trop proche du voisin. Les questions fusent mais restent sans réponse, je n’ai même pas encore commencé à en parler à Fred mon mari. Ce projet me semble déjà compliqué.”

L’emplacement d’un ruche n’est pas à choisir au hasard, dans la nature, les abeilles se débrouillent toutes seules, sans problème! Dans votre jardin, c’est un autre histoire. Vous allez forcément les déranger. En tant que débutant, vous allez faire des erreurs et c’est normal. Alors autant les mettre dans les meilleurs conditions dès le début . Voici les 6 critères à prendre en compte pour trouver l’emplacement idéal de votre future ruche. (suite…)

100 jours pour faire du miel en partant de zéro : mon défi personnel

MKMDE5946Laissez moi vous raconter une histoire. Il est minuit ce dimanche 8 juillet, comme beaucoup de nuit auparavant il m’est impossible de fermer l’œil. Il a fait chaud aujourd’hui, l’atmosphère est encore lourde, même à cette heure ci.

Le sommeil ne vient pas. Encore. Mais cette fois-ci quelque chose de différent m’empêche de fermer les yeux. Cette fois-ci ce n’est pas le stress ou les préoccupations qui me gardent éveillée, cette fois ci, c’est la peur. La peur du bonheur !

Je m’appelle Julie, j’ai 34 ans et je suis l’heureuse maman de Romane, 3 ans et demi ( et oui le demi est important à cette âge là). Romane est avant tout une petite fille pleine de vie, joyeuse, parfois capricieuse, attentionnée, douce et rapide (parce qu’elle court très très très vite vous dirait-elle) . Et Romane est aussi DID. Diabétique Insulino Dépendant. Une maladie auto-immune qui est rentrée dans nos vies lorsqu’elle avait 10 mois. Fred son papa, et moi avons tout fait pour que son handicap n’ait pas de répercussion sur nos vies respectives. Ingénieur formateur et chargé d’affaire dans le nucléaire, j’ai toujours souhaité me donner corps et âme dans mon travail. Maman attentionnée et combative, j’ai ainsi cumulé la surveillance de la maladie de Romane, toutes les deux heures chaque nuit, et mon travail. Et j’étais fière de ça , fière de montrer à tous que j’étais une guerrière ! J’ai eu l’illusion de croire que c’était possible ! Jusqu’à ce 23 Mai dernier. Après plusieurs malaises et une dégradation de mon état psychologique, j’ai été mis aux arrêts. Ce fut le début de la descente aux enfers. En ce 23 Mai, je me sentais incapable de rien et surtout bonne à rien. Comment est-il possible de se ressaisir quand toutes nos forces nous abandonnent ?

C’est alors que j’ai croisé la route de Apis mellifera mellifica communément appelée “abeille noire”. Elle m’a donné un second souffle. Je me suis alors lancé le défi fou de vivre une vie meilleure grâce aux abeilles : 100 jours pour faire du miel en partant de zéro. Pourquoi ? Parce que j’ai besoin de renouer avec la nature, j’ai besoin de faire quelque chose de mes mains. J’ai besoin de contrebalancer mes “mauvaises actions écologiques” en faisant ne serait-ce qu’un petit geste pour sauver les abeilles.

Certains apiculteurs chevronnés me diront que c’est impossible surtout sur un essaim secondaire, je ne comprends même pas ce que c’est ! Mais j’ai une petite voix qui me dit d’essayer. Cette même petite voie qui me tient éveillée cette nuit, la même qui m’a poussé à écrire cet article.

Suivez moi dans ce défi, il reste 53 jours…. tic tac !